Agnès Buzyn aux généralistes : "Vous pouvez compter sur moi"

04/04/2019 Par Fanny Napolier
Politique de santé
Agnès Buzyn était présente ce jeudi matin au Congrès de médecine générale France (CMGF) pour défendre sa réforme devant une assemblée de généralistes.

"La seule question que je me suis posée en écrivant la réforme "Ma Santé 2022", c'est comment redonner du sens, de l'humanité, du plaisir à exercer à nos professionnels de terrain", a assuré Agnès Buzyn ce jeudi matin aux médecins présents à la cérémonie d'inauguration du 13ème Congrès des médecins généralistes de France, à Paris. "La priorité c'est la structuration du réseau de proximité, la médecine générale est la discipline par excellence de ce réseau", a assuré la ministre. Elle est notamment revenue sur deux des "dispositifs innovants" de la réforme, qui vient d'être votée en première lecture à l'Assemblée nationale, les CPTS et les hôpitaux de proximité. Sur les CPTS, Agnès Buzyn a tenu à "couper courts à tout malentendu : les CPTS ne sont pas un objet administratif mais un outil". "Les professionnels doivent d'en emparer", a martelé la ministre. Elle a souligné que la loi de santé prévoyait ainsi que les ARS ne puissent plus créer des CPTS de leur seule initiative et sans le soutien des professionnels. Par ailleurs, sur les hôpitaux de proximité, Agnès Buzyn espère qu'ils seront un "cadre attractif et sécurisé" pour offrir un exercice mixte aux médecins généralistes. L'essence de la réforme est de "renforcer la première ligne de soins dans une logique non normative qui fait place aux initiatives de terrain", a insisté la ministre. "Je sens une énergie positive et partagée", a-t-elle conclu. L'intervention d'Agnès Buzyn était précédée de celle du nouveau président du Collège de médecine générale, le Dr Paul Frappé, qui a séduit l'assistance avec un discours à la fois drôle et acerbe. "Réformer pour évoluer oui, mais pas n'importe comment. Attention aux mesures en trompe l'œil", a averti le nouveau président du CMG face à Agnès Buzyn. Sur la tentation coercitive qui anime de nombreux députés, le Dr Frappé a souligné que "l'Assemblée nationale était la zone la plus surdotée en médecins de France". Une pique qui lui a valu des applaudissements nourris. Enfin, en réponse aux craintes de certains médecins face à l'intelligence artificielle, le Dr Paul Frappé s'est voulu rassurant : "Etant donné qu'elle a déjà du mal à faire aller un véhicule d'un point A à un point B sur une route asphaltée, gageons que l'intelligence artificielle fera disparaître bien d'autres métiers avant le nôtre. Et pourquoi pas les administratifs." Succès assuré dans l'assistance. "Nous sommes le point G de la médecine, a osé le nouveau président du CMG. Quelle décharge d'adrénaline que de nous réunir ! Puissent ces trois jours vous être orgasmiques." Il n'en fallait pas davantage pour faire se lever une bonne partie de l'assistance, et susciter des applaudissements enthousiastes.

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Michel Lemariey-Barraud

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