
Affaire Le Scouarnec : l'Ordre des médecins exprime de "profonds regrets"
Malgré une première condamnation pour détention d'images pédopornographiques en 2005, Joël Le Scouarnec a pu exercer encore seize ans avant d'être radié. Accusé d'"inaction", le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) exprime aujourd'hui de "profonds regrets".

Un mois après l'ouverture du procès Le Scouarnec à Vannes, l'Ordre des médecins exprime, dans un communiqué diffusé ce mardi 25 mars, de "profonds regrets" quant à la gestion ordinale de cette affaire. Le Cnom rappelle qu'il a été informé de la première condamnation du chirurgien pour détention d’images pédopornographiques en 2008 – soit trois ans après qu'elle a été prononcée – lorsque Joël Le Scouarnec a demandé à pouvoir exercer en Charente-Maritime.
"Conformément à son rôle, le Cnom a alors immédiatement alerté le conseil départemental de la Charente-Maritime (CDOM 17), de la situation pénale du chirurgien", souligne-t-il. Dans ce courrier, "le Cnom met en doute le fait que les conditions de moralité requises pour son inscription soient réunies, mais laisse, cependant, l'appréciation de cette inscription à l’arbitrage du CDOM 17", poursuit l'instance ordinale.
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Nathalie Hanseler Corréard
Oui
Retraitée depuis la Covid. Mon vécu : ayant fait des semaines de 70H (5,5 J/sem) près de BX avec 4 gardes par an, puis déménagé à ... Lire plus
Le chirurgien sera finalement autorisé à poursuivre son exercice professionnel. Il ne sera radié qu'en 2021 par une décision de la Chambre disciplinaire de première instance de Nouvelle Aquitaine.
Accusé d'"inaction" par plusieurs associations de défense des victimes, l'Ordre, qui s'est constitué partie civile dans le procès du pédocriminel, reconnaît qu'un "suivi plus rigoureux de cette appréciation aurait dû être assuré par le Cnom afin de garantir que, dans ces conditions, Joël Le Scouarnec soit empêché d’exercer". "Cette situation a mis en évidence des échanges défaillants entre les différentes entités de l'Ordre des médecins, et nous le regrettons très vivement", ajoute l'instance, assurant avoir depuis initié "des réformes majeures" pour remédier à ces "dysfonctionnements".
Jugé à Vannes pour viols et agressions sexuelles sur 299 victimes – la plupart mineures au moment des faits, l'ex-chirurgien de 74 ans a reconnu sa culpabilité pour l'intégralité des faits qui lui sont reprochés. La justice a, en outre, ouvert une nouvelle enquête pour identifier d'autres victimes.
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