Les statines en prévention cardiovasculaire primaire chez les sujets de plus de 75 ans : ça se discute !

23/07/2020 Par Pr Philippe Chanson
Cardio-vasculaire HTA
Utiliser ou non des statines en prévention primaire cardiovasculaire chez les sujets de plus de 75 ans reste un sujet discuté compte tenu du caractère limité des données disponibles.

Pour évaluer le rôle des statines sur la mortalité et la prévention primaire des pathologies cardiovasculaires athéroscléreuses chez les plus de 75 ans, une étude de cohorte rétrospective a été menée à partir des données de la Veterans Health Administration portant sur les sujets âgés de plus de 75 ans qui n’avaient pas de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse, qui avaient eu une visite entre 2002 et 2012 et dont le suivi s’est étalé jusque fin 2016. Toutes les données ont été reliées aux données pharmaceutiques et aux données de Medicare et Medicaid. L’étude s’est intéressée aux nouveaux utilisateurs de statines après 75 ans. Sur 326 981 sujets âgés éligibles, d’âge moyen 81.1 ± 4.1 ans dont 97 % étaient des hommes, 57 178 (soit 17.5 %) ont démarré un traitement par statines au cours de la période d’étude. Au cours d’un suivi moyen de 6.8 ± 3.9 ans, 206 902 décès sont survenus dont 53 296 décès cardiovasculaires, donnant un total de 78.7 pour 1 000 personnes/année chez les utilisateurs de statines et de 98.2 pour 1 000 personnes/année chez les non-utilisateurs. La différence pondérée du taux d’incidence pour 1 000 personnes/année est de -19.5 (IC 95 % = - 20.4 à -18.5). Il y a eu 22.6 décès cardiovasculaires pour 1 000 personnes/année chez les utilisateurs de statines et 25.7 chez les non-utilisateurs, donnant une différence pondérée de taux d’incidence de -3.1 pour 1 000 personnes/année (-3.6 à -2.6). Si sont analysés, non plus les décès mais les événements cardiovasculaires dans leur ensemble (infarctus du myocarde, AVC ischémique ou procédure de revascularisation), 66.3 événements pour 1 000 personnes/année sont survenus chez les utilisateurs de statines (vs 70.4 chez les non-utilisateurs), donnant une différence pondérée de taux d’incidence de -4.1 pour 1 000 personnes/année (-5.1 à -3). Après pondération pour les scores de propensité, le hazard ratio était de 0.75 (0.74 à 0.76) pour la mortalité globale, de 0.80 (0.78 à 0.81) pour la mortalité cardiovasculaire et de 0.92 (0.91 à 0.94) pour les événements cardiovasculaires dans leur ensemble lorsqu’on comparait les utilisateurs de statines et les non-utilisateurs. Ainsi, chez les sujets âgés américains de plus de 75 ans qui n’ont pas de pathologie cardiovasculaire initialement, l’utilisation de statines est associée de manière significative à une réduction du risque de mortalité globale et de mortalité cardiovasculaire. Il faudrait bien sûr mettre en place des essais randomisés pour déterminer de manière plus définitive le rôle des statines chez les sujets adultes en prévention primaire des maladies cardiovasculaires athéroscléreuses.

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