Sous linagliptine, pas de réduction significative des événements cardiovasculaires majeurs chez les diabétiques de type 2 à haut risque cardiovasculaire et rénal

24/01/2019 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie
Le diabète de type 2 est associé à une augmentation du risque cardiovasculaire. Les autorités de santé exigent maintenant, en plus des critères intermédiaires comme l’hémoglobine glyquée, que les médicaments du diabète fassent non seulement la preuve de leur efficacité mais également de leur innocuité, en particulier vis-à-vis des événements cardiovasculaires.

C’est la raison pour laquelle l’essai clinique CARMELINA a été mis en place afin de démontrer la sécurité cardiovasculaire de cet inhibiteur du DPP4, la linagliptine, en particulier chez un grand nombre de patients ayant un risque cardiovasculaire élevé et une néphropathie chronique. Il s’agissait d’une étude de non infériorité, randomisée vs placebo, multicentrique, conduite entre 2013 et 2016 dans 605 centres de 27 pays, chez des diabétiques de type 2 dont l’hémoglobine glyquée était comprise entre 6.5 et 10 % et qui avaient un risque cardiovasculaire élevé avec des antécédents de pathologie vasculaire ou un rapport albumine/créatinine urinaire > 200 mg/g et un risque rénal élevé avec une réduction du taux de filtration glomérulaire, une micro ou une macroalbuminurie. Le suivi a duré jusqu’en janvier 2018. Les patients étaient randomisés pour recevoir soit la linagliptine 5 mg, une fois par jour (n = 3 494), soit du placebo (n = 3 485) en plus de la prise en charge habituelle. Les autres traitements du diabète pouvaient être ajoutés en fonction des besoins cliniques. Sur les 6 991 patients enrôlés, 6 979 patients, d’âge moyen 65.9 ans, et dont le taux de filtration glomérulaire estimé était à 54.6 ml/min/1.73 m2, ont reçu au moins une dose du traitement et 98.7 % ont fini l’étude. Au cours d’un suivi médian de 2.2 années, le critère d’évaluation principal, c’est-à-dire la survenue pour la première fois d’un critère composite (décès cardiovasculaire, infarctus du myocarde non fatal ou AVC non fatal), est survenu chez 434 (12.4 %) des 3 494 patients sous linagliptine et chez 3 485 (12.1 %) des patients sous placebo. La différence de taux d’incidence est de 0.13 (IC 95 % = -0.63 à + 0.90) pour 100 personnes/année, ce qui donne un hazard ratio de 1.02 (0.89 à 1.17, p < 0.001 pour la non infériorité). Un événement rénal est survenu chez 327 (9.4 %) des 3 494 patients sous linagliptine et chez 306 (8.8 %) des 3 485 patients sous placebo, donnant une différence de taux d’incidence absolue de 0.22 (-0.52 à + 0.97 pour 100 personnes/année, soit un hazard ratio de 1.04 ; 0.89 à 1.22, p = 0.62). Des effets secondaires sont survenus chez 7.2 % des patients sous linagliptine et 7.1 % des patients sous placebo. Les hypoglycémies sont survenues de manière similaire dans les deux groupes (29 % environ) et il y a eu 0.3 % de pancréatite aiguë confirmée sous linagliptine et 0.1 % sous placebo. En conclusion, chez les diabétiques de type 2 à haut risque cardiovasculaire et rénal, la linagliptine associée à la prise en charge habituelle, en comparaison du placebo, s’accompagne d’un risque non inférieur de complication cardiovasculaire sur un suivi médian de 2.2 années.

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