10 agresseurs tabassent trois médecins aux urgences : les sanctions sont tombées

06/06/2018 Par Fanny Napolier
Violence
Trois des dix personnes qui avaient agressé deux médecins et une interne à l'hôpital de Tourcoing viennent d'être condamnés. Ils pourraient échapper à la prison ferme.

C'est une agression d'une violence rare qui s'est produite en octobre 2016 aux urgences de l'hôpital de Tourcoing (Nord). Il est 22h30, un samedi, lorsque trois voitures arrivent en trombe aux urgences. Un groupe d'une dizaine de personnes accompagne un patient âgé. Rapidement, les menaces et les insultent fusent. Alors que le patient est conduit dans une salle d'examen, la dizaine d'accompagnateurs entrent de force dans le box avec lui. Un médecin est verbalement agressé. Quand un autre médecin intervient, il est pris au cou et frappé par cinq personnes. Une interne est attrapée par les cheveux. Ces faits se sont produits à côté de la salle de déchoquage, pendant que des médecins intubaient une personne en arrêt cardio-respiratoire, soulignait à l'époque le chef de service, le Dr Moussouni.  

  Trois des dix agresseurs avaient rapidement été interpellés et placés en garde à vue. "Où sont les sept autres agresseurs ?", s'interrogeaient alors les médecins. Au tribunal, les médecins avaient rapporté des menaces et des intimidations. "Ils leur ont dit, le sourire aux lèvres, qu'ils se reverraient bientôt. Un autre médecin a été insulté." Dès le lendemain de l'agression, trois personnes s'étaient présentées aux urgences pour leur demander de retirer la plainte. Marisol Touraine, à l'époque ministre de la Santé, avait immédiatement réclamé des "sanctions exemplaires". Ces sanctions viennent de tomber contre trois des enfants du patient pris en charge. Sabri A., 36 ans, a été condamné à dix-huit mois de prison ferme dont dix mois avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans ; Hamdi A., 18 ans, à un an dont six mois avec sursis et mise à l'épreuve et leur sœur Sourour, 33 ans, à un an de prison avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans. Comme pour toutes les peines inférieures à deux ans, les prévenus seront reçus par un juge d'application des peines qui pourrait décider de leur éviter la prison ferme. *Mis à jour le 06/06/2018 [Avec Lavoixdunord.fr]

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Nathalie Hanseler Corréard

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