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Fréquence des cellules de crise, surbooking des lits… Un médecin parodie le projet d'établissement d'un cabinet de consultant

"Efficience", "innovation", "leadership"… Reprenant tous les codes du management, le Dr Julien Vernaudon, chef de pôle à l'hôpital de Villefranche-sur-Saône, a rédigé un projet d'établissement fictif moquant le recours croissant des hôpitaux aux cabinets de consultant.   

02/08/2024 Par Aveline Marques
Insolite
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Les cabinets de consultants ont le vent en poupe, y compris dans le secteur de la santé. Moquant cette tendance, le Dr Julien Vernaudon, médecin gériatre et chef du pôle gériatrie et médecine de réadaptation de l'hôpital de Villefranche-sur-Saône, a imaginé un faux projet d'établissement, paru dans le dernier numéro de la très sérieuse revue Gestions hospitalières.

Rédigé par un cabinet de conseils et fruit d'un "intense travail de concertation avec toutes les parties prenantes de son écosystème territorial", le projet d'établissement 2024-2028 du centre hospitalier Marianne-Odon "s'inscrit dans la volonté affirmée de l'institution de viser excellence, performance et agilité", écrit-il. 

Forme-t-on trop de médecins ?

Fabien Bray

Fabien Bray

Oui

Je vais me faire l'avocat du diable. On en a formés trop peu, trop longtemps. On le paye tous : Les patients galèrent à se soigne... Lire plus

Un projet qui s'articule autour de cinq axes : "démarche quantité", "rationnement de l'offre de soins", renforcement des compétences de l'administration, leadership de la gouvernance et gestion médico-économique efficiente. Pour chacun de ses objectifs, des indicateurs ont été définis : nombre de mails reçus par jour, "fréquence des ruptures de tâches de soins par des réunions inopinées", nombre de cellules de crise par mois, nombre de "créations de postes administratifs aux typologies déroutantes et innovantes", nombre de nouveaux sigles par mois…

Morceau choisi de ce projet : "Déclinant localement un cadre budgétaire national contraint, notre hôpital se doit de rationaliser ses dépenses et d’optimiser ses recettes pour tenir la barre d’un EPRD* validé par ses instances et l’ARS. Pour ce faire, il s’engage à limiter son soutien au développement de projets trop onéreux, à une écoute bienveillante des services sur leurs difficultés sans tenir de fausses promesses illusoires, à responsabiliser les équipes soignantes sur les coûts engendrés par leurs activités et au déploiement du surbooking dans les services de soins (optimum fixé à deux patients par lit)."

Toute ressemblance avec la réalité n'est pas purement fortuite. 

*Etat prévisionnel des recettes et des dépenses 

2 débatteurs en ligne2 en ligne
Photo de profil de Hassan Chatti
1 k points
Débatteur Passionné
Médecine physique et de réadaptation
il y a 8 mois
Malheureusement, je n'ai pas accès aux documents mentionnés, mais j'ai eu un aperçu de ces rapports surréalistes rédigés par des stagiaires ou intérimaires jetés dans l'arène d'assemblées ou le peu d
Photo de profil de François Massip
662 points
Débatteur Renommé
Oto-rhino-laryngologie
il y a 7 mois
C'est criant de réalisme! On peut se poser également la question de l'utilité ( et du coût ) de ces consultants , alors qu'il n'y a jamais eu autant d'administratifs dans le système de santé , généran
Photo de profil de Jean Marie Gras
7 points
Pédiatrie
il y a 7 mois
On attend trop du Médecin traitant
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