"Un mouvement inédit depuis 60 ans" : les médecins généralistes anglais en grève
Les médecins généralistes anglais ont entamé un mouvement de grève inédit ce jeudi 1er août pour réclamer une augmentation de leur rémunération. Une première depuis 1964, selon les médias britanniques.
Après les Juniors doctors, qui ont obtenu une hausse de 22,3% de leurs salaires après plus d'un an et demi de mobilisation, ce sont les médecins généralistes anglais qui ont entamé un bras de fer avec le Gouvernement. Les GP (pour General Practitioners) ont en effet entrepris un mouvement de protestation sociale ce jeudi 1er août dans l'espoir d'obtenir une hausse de leur rémunération et une amélioration de leurs conditions de travail. Cela faisait 60 ans que la profession ne s'était pas mobilisée ainsi, indique The Guardian.
Les généralistes anglais s'opposent au nouveau contrat qui a été établi sous le précédent gouvernement conservateur, qui détermine notamment la rémunération de leurs actes et qui prévoit une hausse de 1,9% de leur budget pour l'année à venir. Pour la British medical association (BMA), à l'initiative du mouvement, cette augmentation s'apparente davantage à "une réduction des financements en termes réels" compte tenu de l'inflation qui frappe le pays. Le syndicat craint ainsi pour la survie des cabinets médicaux.
Si le contrat qui lie les médecins généralistes les empêche de fermer leurs cabinets, ces derniers disposent de plusieurs leviers pour exprimer leur mécontentement. Ils peuvent par exemple limiter le nombre de patients qu'ils voient par jour (à 25), ou à l'inverse cesser de restreindre ceux qu'ils orientent vers des spécialistes, ou encore arrêter de partager certaines données (non médicalement nécessaires) sur des registres du NHS, le système public de santé britannique, liste la BMA. Les GPs sont libres de choisir les actions qu'ils veulent mettre en œuvre.
"La médecine générale devrait être la porte d'entrée du NHS, pas le paillasson"
Ce mouvement est "un acte de désespoir", a déclaré la coprésidente de la branche généralistes de la BMA. "Ce ne sera pas une action choc", mais elle aura une répercussion "à combustion lente". La mobilisation pourrait en effet durer des mois, selon la Dre Katie Bramall-Stainer pour qui "la médecine générale devrait être la porte d'entrée du NHS, pas le paillasson". "Aucun GP ne veut restreindre les services qu'il fournit aux patients" mais la médecine générale "a été négligée et elle connaît désormais de sérieuses difficultés", a insisté la Dr Kamila Hawthorne, présidente du Royal College of General Practitioners.
Alors que le NHS pourrait être une nouvelle fois affaibli par ce mouvement de protestation – l'organisme s'attend à ce que des patients soient redirigés vers les services d'urgences, le ministre de la Santé, Wes Streeting, a déclaré vouloir bâtir "un véritable partenariat" avec les généralistes. Dans une lettre adressée à la profession et diffusée sur X, il a ouvert la voie à une renégociation de leur contrat. Il a aussi rappelé que le Gouvernement avait déjà approuvé une hausse de 6% des rémunérations des médecins et de leur personnel pour l'année en cours.
Our NHS is broken and I am determined to fix it - including the front door to the NHS in General Practice.
The relationship I want with GPs isn’t simply contractual, but a genuine partnership.
In just four weeks, we’ve started walking the talk.
My letter to GPs today pic.twitter.com/pnQan6Jlja— Wes Streeting MP (@wesstreeting) August 1, 2024
[avec AFP, The Guardian et The Doctor magazine]
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