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Ecos : "La deuxième édition va être au moins aussi difficile que la première", préviennent les doyens

Les 20 et 21 mai prochains aura lieu la deuxième édition des Examens cliniques objectifs structurés nationaux (Ecos) ; étape majeure pour les étudiants en médecine en 6e année afin d'accéder à l'internat. Si ces oraux se sont déroulés sans encombre en 2024 selon les doyens des facultés, l'augmentation du nombre de candidats qui s'y présenteront cette année fait courir "un petit risque" sur leur bon déroulement. 

02/04/2025 Par Louise Claereboudt
Ecos
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Après avoir planché sur les Epreuves dématérialisées nationales (EDN) à la mi-octobre, les étudiants en 6e année de médecine devront affronter les Examens cliniques objectifs structurés nationaux (Ecos) les 20 et 21 mai prochains. Mis en place par la réforme du deuxième cycle (R2C) des études de médecine, ces deux épreuves remplacent les célèbres et tant redoutées ECNi qui permettaient jusqu'alors d'accéder à l'internat. "La réforme du deuxième cycle est une belle réforme, c'est la réforme du savoir-être et savoir-faire. Je crois que c'était vraiment indispensable en médecine", a tenu à souligner la nouvelle présidente de la Conférence des doyennes et des doyens des facultés de médecine, la Pre Isabelle Laffont, ce mardi 1er avril, à l'occasion de sa première conférence de presse.

Cette année, les étudiants en sixième année de médecine sont 95,5% à avoir réussi les EDN, dont la première session s'est donc déroulée en octobre et la seconde – de rattrapages – en janvier. Un peu plus de 9000 étudiants sont ainsi convoqués pour passer les Ecos les 20 et 21 mai prochains. L'an dernier, pour la première édition, ils étaient 7 879 étudiants à s'être présentés à ces examens, qui comptent pour 30% dans la note classant les futurs internes dans leur choix de spécialité et de subdivision (les EDN comptent pour 60% de la note et 10% dépendent du parcours de formation des carabins). Une soixantaine seulement avaient échoué et ont été contraints de redoubler pour retenter leur chance en 2025.

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"La deuxième [édition des Ecos] va être au moins aussi difficile que la première parce qu'il y a plus d'étudiants et donc nécessairement ça mobilise plus de monde dans les facultés", notamment plus d'enseignants-chercheurs, a indiqué la Pre Isabelle Laffont face à la presse. Ces épreuves orales, qui évaluent la capacité des étudiants à agir en milieu professionnel, constituent en effet une prouesse organisationnelle : elles se déroulent sur deux jours durant lesquels les étudiants doivent faire face à dix mises en situation, appelées stations, reproduisant des situations cliniques réelles. "Les étudiants passent devant des jurys avec des professionnels de santé simulés, des patients simulés", spécialement formés pour ces épreuves, a précisé le vice-président de la Conférence, le Pr Marc Humbert.

Surtout, ces Ecos s'inscrivent dans une "démarche d'ampleur", puisqu'ils sont organisés simultanément dans toutes les facultés de médecine de France, y compris dans les territoires ultramarins. Elles "font passer tous les étudiants sur les mêmes stations de façon simultanée", rappelle Isabelle Laffont. "Ces examens, c'est vraiment mise en situation avec une qualité d'évaluation que je considère comme extraordinaire et qui n'existait pas avant. C'est un progrès, et ce progrès nécessite des évaluations, des ajustements, et du tact et de la mesure", a ajouté le Pr Humbert. Car si "la première année s'est bien passée", il existe tout de même des "points de fragilité". "Nous ne voulons pas qu'il y ait un problème qui puisse mettre en danger la validation du deuxième cycle et altérer l'arrivée des [étudiants] en troisième cycle", a assuré le doyen de la faculté de Paris-Saclay, précisant que la Conférence a réfléchi à comment "sécuriser au maximum cet examen national".

"Nous avons proposé une mesure un peu technique de sécurisation qui consistait à dire que sur les 10 stations cliniques sur lesquelles les étudiants sont évalués, on pouvait se contenter de 7 stations validées par tout le monde pour pouvoir faire la note de tous les étudiants", a précisé la Pre Laffont. Et d'ajouter que "cette mesure n'est pas applicable pour des raisons juridiques compliquées". Pour cette nouvelle édition, "on rejoue donc comme en 2024 et on espère tous que ça va bien se passer, même s'il y a un tout petit risque lié à l'augmentation du nombre d'étudiants", a-t-elle poursuivi, reconnaissant que "les Ecos 2025 sont fragiles".

On n'est pas obligés d'être confrontés à un exploit chaque année

Pour les années à venir, "l'ambition c'est de garder le cap de cette réforme et de la simplifier". La Conférence des doyennes et des doyens des facultés de médecine suggère d'abord une simplification au niveau organisationnel. "On a des idées pour ça, on pourra les confirmer quand on aura récupéré toutes les données acquises sur les deux premières années des Ecos, qui vont nous permettre d'analyser ce qu'il s'est passé, de regarder les notes, comment se sont répartis les étudiants dans les notes", a-t-elle expliqué, sans plus de précisions. "On n'est pas obligés d'être confrontés à un exploit chaque année", d'avoir chaque année un examen qui se déroule dans "36 lieux en même temps", a ajouté le Pr Humbert. "Il faut qu'on ait des petites marges de manœuvre pour pallier d'éventuelles difficultés."

Il conviendra également de proposer des mesures "sur la simplification docimologique", a complété la présidente : "Dire que probablement dans l'évaluation des étudiants il y a des choses qu'on peut peut-être éviter, comme d'éviter de brasser les enseignants en national." "Actuellement, parmi les examinateurs qui évaluent les étudiants, la moitié sont de la faculté dans laquelle se passent les épreuves et l'autre moitié viennent d'ailleurs. L'année dernière on a brassé 2400 enseignants au national, c'est colossal ! On va remettre en question assez rapidement à la lecture des résultats deux premières années", a-t-elle promis. 

2 débatteurs en ligne2 en ligne
Photo de profil de Henri Baspeyre
13,1 k points
Débatteur Passionné
Chirurgie générale
il y a 3 jours
oral? donc piston et compagnie!
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