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Cancers de mauvais pronostic : développement d’une nouvelle radiothérapie révolutionnaire à l’Institut Curie
A la veille de la Journée mondiale contre le cancer, le 4 février, l'Institut Curie a lancé un projet de nouvelle plateforme pour la prise en charge de certains cancers de mauvais pronostic, qui fait appel à une nouvelle technologie de radiothérapie.
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Nommé Frathea, ce projet vise à évaluer l’efficacité et la sécurité d’une nouvelle modalité de traitement : l’irradiation de faisceaux d’électrons de très hautes énergies (VHEE) par la radiothérapie Flash. Ce projet a lieu sur le site francilien de l’Institut Curie à Orsay au cœur du plateau de Saclay. Il est réalisé en collaboration avec le CEA, et financé par France 2030 et par la Région Île-de-France à hauteur de 37 millions d’euros.
Le nombre de nouveaux cas de cancer dans le monde devraient augmenter de 77% par rapport 2022, selon de récentes données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). De nouveaux projets en oncologie sont donc fondamentaux. Et la radiothérapie est un des leviers porteurs d’espoirs d’amélioration des prises en charge.
Le concours visant à régulariser les Padhue est-il trop sélectif?
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Anne-Astrid Brasseur
Non
Combien de jeunes motivés dont le rêve est d’être médecin sont dégagés à la fin de la 1ere année pour quelques centiemes de points... Lire plus
La technologie Flash existe depuis environ 10 ans à l’Institut Curie. Elle est basée sur des rayons très intenses (une dose d’environ 10 Gray contre 2 Gray en conventionnel) délivrés en moins d’une seconde (moins de 100 millisecondes). Cela permet de cibler plus précisément les tumeurs sans endommager les tissus sains. Flash est pour le moment utilisée sur des faisceaux d’électrons de basse énergie ou de protons. Cependant, "les rayons d’électrons basse énergie n’ont pas la capacité d’atteindre les tumeurs en profondeur", explique l’Institut Curie. La nouveauté avec Frathea est donc de combiner du Flash avec la radiothérapie par électrons de très haute énergie (VHEE pour Very High Energy Electrons), de 250 mégaélectronvolts (MeV) contre 10 MeV en conventionnel. L’objectif est de cibler, grâce à cette nouvelle technologie, des cancers de mauvais pronostics localisés près d’organes vitaux, jusque-là inaccessibles.
Le projet Frathea n’en est qu’à son tout début. Une première étape consiste à choisir le partenaire industriel pour la construction et l’installation de l’irradiateur médical Flash-VHEE ; puis viendront la construction, l’assemblage et l’installation de l’irradiateur Flash-VHEE sur le site d’Orsay. Ensuite, des études précliniques seront mises en place. "Demain, grâce au soutien financier de l’État via France 2030 qui permet la mise en œuvre de notre projet Frathea, nous franchissons un nouveau cap : celui de prouver les bénéfices cliniques de la radiothérapie Flash VHEE et de pouvoir d’ici quelques années disposer d’une plateforme pour traiter les patients atteints de cancers les plus à risque et les plus inaccessibles. Mieux guérir, moins subir et mieux vieillir s’il fallait résumer tous les espoirs cliniques autour du Flash", a ainsi déclaré le Pr Gilles Créhange, chef du département de radiothérapie oncologique de l’Institut Curie et coordonnateur du projet Frathea.
Références :
D’après un communiqué de l’Institut Curie (28 janvier)
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