"Je ne toucherai ni à des pénis ni à des fessiers" : Véran se justifie sur sa future pratique de la médecine esthétique

22/03/2024 Par Sandy Bonin
Olivier Véran, ex-ministre de la Santé et neurologue de profession, est sous le feu des critiques depuis plusieurs jours après avoir annoncé sa reconversion en médecin esthétique. L'ancien porte-parole du Gouvernement a défendu son choix et a tenté de justifier sa future pratique dans la presse. 

 

"Les gens ont le droit d’avoir un avis. Mais quoi que je fasse, il y aurait eu des critiques." Olivier Véran, neurologue dont la reconversion en médecin esthétique a fait le tour des médias, a tenté de défendre son choix dans les colonnes du Parisien. Cible des critiques de la part de ses confrères, l'ancien ministre de la Santé, en formation au sein de la Clinique des Champs-Élysées, raconte avoir passé son après-midi à observer des praticiens. "Une cicatrice d’acné sévère traitée par radiofréquence, un abdomen affaissé chez une jeune maman traitée également par radiofréquence, des poches de graisse sous cutanées chez un patient qui doit maigrir beaucoup traitées par cryolipolyse", décrit-il. 

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"La neurologie a beaucoup évolué dans l’intervalle, et le fait d’avoir été ministre compliquait psychologiquement la relation avec les patients que l’on suit souvent sur la durée", a justifié le député qui a donc opté pour la médecine esthétique.  

Mais si son futur employeur, la Clinique des Champs-Elysées, pratique augmentations mammaires, liposuccions, ou encore des phalloplasties, il n'en sera rien pour l'ancien ministre qui ne fera pas de chirurgie. "Je ne toucherai ni à des pénis ni à des fessiers, et je serai très loin des prothèses mammaires", rassure-t-il. 

Pour cette reconversion, Olivier Véran a obtenu un feu vert de la Haute Autorité de transparence de la vie publique, qui a écarté tout risque déontologique ou de prise illégale d’intérêt, dans son avis rendu public ce jeudi. 

Face à des reconversions de plus en plus nombreuses de praticiens vers la très lucrative médecine esthétique, le député-cardiologue Yannick Neuder (LR) a déposé une proposition de loi pour réguler cette pratique. Le texte prévoit d'encadrer l'exercice de la médecine esthétique par la délivrance d'une autorisation de l'ARS, et après avis conforme du conseil départemental de l'Ordre des médecins. 
 

[Avec leparisien.fr

8 débatteurs en ligne8 en ligne
Photo de profil de Philippe Garat
317 points
Médecine générale
il y a 1 an
Il est fort dommage que notre ancien ministre ne connaisse pas les règles en matière d'exercice , ou plutôt de reprise d'exercice médical. L'avis de la HAS n'a strictement aucun impact et ne lui vaut
Photo de profil de Zulgael Darman
147 points
Chirurgie orthopédique et traumatologie
il y a 1 an
Il arrive dans ce nouveau domaine avec le même amateurisme dont il a fait preuve lors de la Covid. La virologie ne s’improvise pas comme « un influenceur«  le ferait pour une pommade. Il vid
Photo de profil de Andre Gibert
221 points
Débatteur Renommé
Gastro-entérologie et hépatologie
il y a 1 an
Cela me fait penser à ces chirurgiens qui après un DU de 3 mois se sont mis en tête de pratiquer l'endoscopie et notamment des coloscopies ?! Comment peut-on laisser faire ce qui s'annonce comme un v
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