Triple recours des chirurgiens contre une réforme impossible à opérer

05/03/2021 Par Marion Jort
Faits divers / Justice
L’Union des chirurgiens de France a annoncé avoir déposé trois recours devant le Conseil d’Etat pour annuler un décret sur les compétences des infirmiers travaillant dans les blocs opératoires.  

Principal syndicat des chirurgiens français, l’UCDF a déposé trois recours devant le Conseil d'Etat  - un recours en annulation, un "référé-suspension" et un "référé-liberté"- pour annuler un décret sur les compétences des infirmiers travaillant dans les blocs opératoires, source depuis six ans d'un "bordel administratif invraisemblable", selon son président Philippe Cuq. 

L'affaire remonte à 2015, lorsque le Gouvernement précédent décide que certains actes relèvent désormais de la "compétence exclusive" des 9.000 infirmiers de bloc opératoire comme la pose de drains et les sutures. Les 13.000 IDE exerçant dans les blocs doivent depuis suivre une "formation complémentaire" pour continuer à réaliser ces gestes. Mais le monopole des Ibode pose problème pour trois étapes critiques en chirurgie, selon le syndicat : "l'aide à l'exposition, l'aspiration et l'hémostase". A tel point que cette partie de la réforme est reportée trois fois, jusqu'à l'irruption du Covid-19.  

Forme-t-on trop de médecins ?

Fabien Bray

Fabien Bray

Oui

Je vais me faire l'avocat du diable. On en a formés trop peu, trop longtemps. On le paye tous : Les patients galèrent à se soigne... Lire plus

Fin janvier, un énième décret change à nouveau la donne pour les IDE qui doivent s'inscrire avant fin mars à une formation de 21 heures, qu'ils devront valider d'ici à fin 2025, pour obtenir "l'autorisation à titre définitif" de pratiquer ces trois actes. La goutte de trop pour les chirurgiens : "Si on l'applique à la lettre, les IDE ne pourront pas continuer alors qu'elles ont parfois dix fois plus d'expérience que certaines Ibode", s'alarme Philippe Cuq, soulignant que l'Académie de médecine et le Haut conseil des professions paramédicales ont rendu des avis défavorables sur ce texte. 

Alors que les retards dus à l'épidémie s'accumulent et "qu'on opère aujourd'hui des malades qui étaient prévus l'an dernier", il suffirait selon lui "qu'il y ait une plainte, par exemple d'un syndicat", pour que l'activité des blocs chirurgicaux soit interrompue. Mais le sujet est aussi un enjeu pour les Ibode qui avaient manifesté fin 2019 pour réclamer une reconnaissance de leurs compétences spécifiques, notamment à travers des revalorisations salariales. 

[avec AFP]  

5 débatteurs en ligne5 en ligne
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Podcast Médecine légale
"On a fait plus de 1400 autopsies" : le récit du légiste français qui a témoigné au procès de Milosevic
19/03/2025
0
Reportage Démographie médicale
"C'est de la vraie médecine générale" : en couple, ils ont quitté les urgences pour ouvrir un cabinet dans une...
19/03/2025
3
Enquête Démographie médicale
Y aura-t-il trop de médecins en France en 2035 ?
09/01/2025
18