
"Tolérance zéro" sur les violences, "formation de 60 000 infirmières supplémentaires", accès aux soins… Les dernières annonces de Vautrin
Invitée par le quotidien régional La Provence à échanger avec les lecteurs, la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles s'est exprimée sur un large panel de sujets allant de la violence contre les soignants à la fin de vie, en passant par les infirmières ou l'hôpital. Tour d'horizon.

"Je me présente je suis une ministre, mais je suis d'abord une élue locale", a déclaré Catherine Vautrin face à dix lecteurs du quotidien La Provence, issus du monde de la santé ou du handicap.
Interrogée sur le déficit historique de l'Assistance publique – Hôpitaux de Marseille (AP-HM), la ministre a indiqué souhaiter que l'hôpital retrouve "des marges financières" assurant que "d'ici fin mars", des solutions seront apportées "car l'enjeu est absolument majeur". "L'AP-HM est un sujet préoccupant. Tous les indicateurs sont au rouge, l'augmentation des résultats négatifs ne peut pas perdurer. Je rappelle que les investissements qui vont être faits sont des investissements qui ont été pris en charge complètement par la collectivité. C'est dire la volonté d'abord de soutenir notre hôpital public. L'hôpital public reste un trésor national parce que la spécificité de l'hôpital public, c'est qu'il a la capacité d'accueillir toutes celles et ceux qui se présentent", a estimé Catherine Vautrin.
Forme-t-on trop de médecins ?

Fabien Bray
Oui
Je vais me faire l'avocat du diable. On en a formés trop peu, trop longtemps. On le paye tous : Les patients galèrent à se soigne... Lire plus
La ministre mise également sur l'embauche de "60 000 infirmières supplémentaires d'ici 2027, le renforcement de la formation continue et la facilitation des reconversions de fin de carrière", a-t-elle annoncé aux lecteurs de La Provence. Le décret 2024 concernant les infirmières de bloc sera également revu. "Il y a des formations supplémentaires dont on a besoin au bloc, c'est indispensable", a affirmé Catherine Vautrin.
Questionnée sur l'accès aux soins en milieu rural, la ministre a jugé qu'il existe des solutions spécifiques pour chaque territoire. "On a besoin d'un exercice organisé avec ces maisons de santé pluriprofessionnelles, avec des groupements hospitaliers. L'autre axe, c'est la régulation par le centre 15 : avoir la bonne réponse au bon moment pour rassurer la population", a pointé Catherine Vautrin. Elle compte également miser sur la formation des médecins. "Très concrètement, en septembre 2025, 9 000 internes sortiront, 10 000 en 2026. L'organisation médicale et ces jeunes médecins qui s'installent font partie de la clé pour améliorer l'accès aux soins", a-t-elle ajouté.
"On ne peut pas avoir des médecins qui arrivent dans leur cabinet la boule au ventre"
Le Dr Saïd Ouichou, généraliste marseillais qui a appelé à la fermeture des cabinets le 12 mars prochain pour dénoncer les violences contre les médecins, faisait partie des lecteurs de La Provence à interpeller la ministre. "On doit être en tolérance zéro. La violence fait partie des sujets sur lesquels nous travaillons avec Yannick Neuder. Une initiative parlementaire est en cours. On a vraiment besoin de condamner celles et ceux qui font ce type d'actes. Je sais que l'agence régionale de santé Paca est mobilisée sur la prévention avec des accompagnements financiers. Depuis 2023, ce sont 12 millions d'euros qui ont été utilisés en ce sens pour que les établissements s'équipent. Mais on ne peut pas transformer les cabinets médicaux en Fort Knox. D'un autre côté, on ne peut pas avoir des médecins qui arrivent dans leur cabinet la boule au ventre", a pointé Catherine Vautrin.
Sur la fin de vie, la ministre a estimé que "la loi de 2016 n'a pas répondu à toutes les solutions. Le pays à du retard". "J'ai pris un engagement qui a été tenu : mettre 100 millions d'euros supplémentaires par an pendant dix ans pour doter le pays de structures de soins palliatifs. En 2025, nous allons ouvrir quinze unités supplémentaires", s'est-elle félicitée.
"Ne tombons pas dans la sinistrose, nous avons des retards à rattraper, mais nous avons un cap et nous nous y tenons", a appelé Catherine Vautrin.
[avec La Provence]
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