Un médecin condamné pour la mort d'un nouveau-né

29/11/2019 Par Louise Claereboudt
Faits divers / Justice
Le tribunal de Béthune a condamné à un an de prison avec sursis une praticienne du centre hospitalier de Lens pour homicide involontaire. Une erreur de sa part avait entraîné l'arrêt cardiaque d'un nourrisson.
 

Les faits se sont déroulés il y a quatre ans, en juin 2015, à l'hôpital de Lens. Suite à un accouchement compliqué, une praticienne du centre hospitalier avait décidé d'effectuer une IRM à un nouveau-né, dont le pronostic vital n'était plus engagé, pour déceler d'éventuelles séquelles neurologiques, indique La Voix du Nord. Alors qu'elle ventilait le nourrisson à la main avec un ballon, le médecin a commis une grave erreur au moment de relier la prise d'oxygène murale au ballon. Celle-ci l'a en fait relié à la sonde d'intubation. Cette erreur a créé un circuit d'oxygène à sens unique empêchant le nouveau-né d'expirer et entraînant l'arrêt cardiaque, précise le quotidien régional. Bien que le nourrisson ait pu être réanimé, il est décédé quelques jours plus tard au CHU de Lille, où il avait été transféré. "J’ai décidé de faire pédiatrie pour soulager la souffrance des enfants, mais je me retrouve aujourd’hui devant ce tribunal. Mon geste a aggravé l’état d’un bébé, provoquant son décès. Je le regrette profondément", a assuré le médecin à la barre. Poursuivie pour homicide involontaire, elle a été condamnée jeudi 28 novembre par le tribunal de Béthune à une année d'emprisonnement assortie d'un sursis.

  "Ce n'est pas une erreur de débutant" Lors du procès, l'avocat de la praticienne avait évoqué une erreur médicale, notamment lié à la fatigue alors que l'hôpital était surchargé. "C’est un échec, c’est une faute, les conséquences sont dramatiques, mais ça arrive ! Dans d’autres professions, cela mérite-t-il la prison ?" avait-il alors déclaré. Pour l'avocate des parents de l'enfant, il ne s'agissait en aucun cas d'une "erreur de débutant", mais d'une "faute extraordinaire". Elle avait alors réclamé 90 000 € de dédommagements pour les souffrances du bébé, 25 000 € pour les frères et sœurs de la victime, et 10 000 € pour chaque grands-parents. La Voix du Nord indique que le tribunal administratif devrait statuer sur les dommages et intérêts. [avec La Voix du Nord]

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Stéphanie Beaujouan

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